Nous parlons souvent du vieillissement de la population en Belgique, beaucoup moins de ce que cela implique concrètement. Vieillir aujourd’hui, pour de nombreuses personnes âgées, c’est surtout vieillir seul.
La solitude pour personnes âgées s’est installée progressivement dans nos villes, au point de devenir une réalité presque normale, que nous finissons par ne plus remarquer.
Plus qu’un sentiment, un vrai risque de “mort sociale”
La solitude des personnes âgées est discrète. Elle ne se manifeste pas clairement, mais elle pèse lourdement sur le quotidien.
Au début, il y a moins de visites. Puis plus de coups de fil. Le café du coin devient trop fatigant ou simplement trop vide. Les journées se ressemblent. Et un jour, nous nous rendons compte que nous n’avons parlé à personne depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines.
La Fondation Roi Baudouin est formelle sur ce sujet : en Belgique, près d’une personne âgée sur quatre souffre d’un manque de contacts sociaux. Le plus marquant est que plus de 300 000 Belges de plus de 65 ans n’ont de contact avec personne (famille, amis ou voisins) et ce, plus d’une fois par mois.
Il ne s’agit plus d’un sentiment de solitude mais plutôt ce que nous appelons une “mort sociale”. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la densité de notre pays n’empêche pas l’isolement. Elle le rend parfois même invisible. Nous n’avons jamais été aussi proches géographiquement et pourtant tellement éloignés humainement.
Pourquoi la Belgique est-elle si touchée par la solitude des personnes âgées ?
Il ne faut pas se mentir, notre mode de vie a changé. L’époque où trois générations vivaient sous le même toit est révolue. Aujourd’hui :
- La mobilité nous sépare : Les enfants partent travailler à l’étranger ou à l’autre bout du pays. De ce fait, la visite lors des week-ends devient rare et n’a lieu qu’une fois tous les 3 mois voire moins.
- Le numérique qui exclut : À Bruxelles, nous estimons que 30 % des personnes âgées sont en situation de fracture numérique. Quand tout est numérique, (prendre un rendez-vous médical, consulter ses comptes, payer ses factures), c’est un mur invisible. Le monde continue, mais sans eux.
- La précarité : Nous l’oublions souvent mais près de 18 % des personnes de 65 ans et plus vivent sur le seuil de pauvreté, selon Statbel. Il s’agit d’un taux plus élevé que la plupart des autres tranches d’âge. Il est clair que beaucoup de personnes âgées ont de faibles revenus disponibles, notamment lorsqu’ils n’ont pas d’autres ressources que leur pension. Une petite pension signifie moins de sorties, plus d’invitation au restaurant par exemple et petit à petit, nos ainés s’effacent de la vie sociale.
La solitude et la santé, un lien souvent sous-estimé
La solitude des personnes âgées n’est pas seulement une question de moral. Elle agit souvent de manière silencieuse, mais ses effets sont bien réels puisqu’ils finissent par fragiliser le corps.
Les professionnels de santé le constatent régulièrement : une personne âgée entourée suit plus facilement ses traitements, récupère mieux et reste autonome plus longtemps. À l’inverse, lorsque personne n’est là pour remarquer une fatigue inhabituelle, une perte d’appétit ou un changement de comportement, les difficultés s’installent plus vite.
Des solutions efficaces contre la solitude des personnes âgées
Face à la solitude des personnes âgées, il n’existe pas de solution unique. En revanche, il est possible de recréer du lien, souvent avec des moyens très simples.
Le logement intergénérationnel en est un exemple. À Bruxelles et en Wallonie, des associations comme 1 Toit 2 Ages mettent en relation des étudiants et des personnes âgées disposant d’une chambre libre. L’un cherche un logement accessible, l’autre une présence au quotidien. Cette cohabitation apporte une stabilité et rompt l’isolement.
À l’échelle locale, les réseaux de quartier jouent aussi un rôle important. Des voisins qui s’organisent pour passer prendre des nouvelles, proposer un coup de main pour les courses ou simplement partager un café. Ces gestes, modestes en apparence, permettent souvent de maintenir un lien régulier.
Enfin, l’aide à domicile joue aussi un rôle clé dans la lutte contre l’isolement. Au-delà des tâches pratiques ; ménage, repas, papiers administratifs, la présence régulière d’un·e accompagnant·e crée une relation de confiance. Pour de nombreuses personnes âgées, ces visites sont parfois les seuls moments d’échange de la journée. Elles permettent de rester chez soi plus longtemps, tout en maintenant un lien humain indispensable.
Avec l’âge, le cercle social a tendance à se réduire, parfois jusqu’au silence. Cette réalité, souvent invisible, touche pourtant de nombreuses personnes âgées dans leur quotidien. Si les causes de l’isolement sont multiples, les réponses le sont tout autant. Elles prennent la forme de rencontres, de visites, d’appels ou de présences régulières, qui redonnent un rythme et un sens aux journées. Ce sont ces liens, même simples, qui permettent de rester ancré dans la vie sociale.
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